Portrait de la semaine : Julie adopte un lapin en Bolivie

J’ai rencontré Julie en Argentine, à El Chalten. Elle revenait de l’ascension du Mont Fitz Roy et je me préparais pour y aller le lendemain. Nous ne nous sommes vues en tout et pour tout qu’une seule journée mais le contact est très bien passé. Quatre mois plus tard, nous nous donnons toujours des nouvelles presque chaque semaine et j’ai décidé de faire un petit billet sur elle et son lapin qu’elle a adopté en Bolivie…

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Un article un peu plus léger avec quelques tips & tricks pour voyager et passer les frontières en compagnie d’un animal.

Julie, c’est une fille qui vit pleinement sans trop se poser de question. La gentillesse incarnée, elle a toujours une petite pensée pour ses amis et sa famille. Julie, c’est aussi la folie, du voyage, des récits et des rencontres !

Alors avec plus de 19 224 kilomètres de distance, un décalage horaire de 12h, on a réussi à pondre cette petite interview « rafraichissante » et « légère » qui j’espère vous plaira !

L’interview

Julie, présentes-nous un peu ton voyage pour commencer

Je suis partie en sac à dos pour une année en Amérique du sud, de l’Argentine jusqu’au Mexique. Je vais passer par tous les autres pays, Pérou, Bolivie, … Mon premier objectif est de rencontrer un maximum de locaux pour m’imprégner de leur culture et leur façon de vivre.

Comment as-tu rencontré ton lapin ?

J’étais en Bolivie dans la ville de Cochabamba et je me baladais sur le marché où j’allais manger tous les jours. A chaque visite, je voyais ces petits lapins en cage, au moins 15 enfermés ensemble et cela m’a fait de la peine. Quand j’ai commencé à réfléchir au fait d’avoir un animal comme compagnie de voyage, j’ai plutôt pensé à un chien ou un chat, mais c’est trop compliqué. Cela fait du bruit, et demander beaucoup d’efforts pour s’en occuper.

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J’ai déjà eut des lapins en France, alors quand je les ai vu dans leur cage, j’ai craqué et du coup, j’ en ai acheté un. Je pense qu’il était là pour être mangé, un vrai chanceux ! La vendeuse m’a même montré deux autres lapins en m’indiquant que c’était le père et la mère, la blague !!

Comment l’as-tu appelé et pourquoi ?

Il se nomme « Dulce« . J’ai raconté à une amie que j’avais acheté un lapin pour le prix d’un bonbon soit 1,50 euro au marché, elle a rit et m’a rétorqué, « haha, si tu te fais choper à la frontière, ben justement, ça va te coûter bonbon !! » Alors voila, c’était tout trouvé, un bonbon en espagnol, ça donne Dulce !

Au quotidien, est ce que c’est facile de s’en occuper ?

Oui c’est assez facile. Je le trimballe dans un bonnet péruvien et c’est assez drôle, c’est comme si il comprenait. Quand il est dans son bonnet, il ne bouge plus. Le vrai souci, c’est qu’il grossit et qu’il commence à être assez agile pour sauter de lit en lit et donc il fait ses besoins partout. Là, oui, c’est plutôt ennuyeux. J’ai du faire l’achat d’un poncho pour qu’il fasse dessus. Avant, cela donne parfois quelques surprise (cf photo ci dessous).

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Pour le nourrir, j’ai acheté des granulés pour les voyages en bus ou lorsque je ne trouve rien à lui donner. Sinon, j’achète des fruits et les femmes des marchés me donnent souvent du trèfle alfalfa (c’est ce qu’elle ajoute au jus de fruits frais).

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Et puis il y a les pelouses des places centrales de toutes les villes. Je me pose sur un banc, laisse le bonnet au sol et il part gambader.

Je crois savoir que tu as passé la frontière Bolivie-Pérou avec lui?

Oui, et je peux dire, que la veille du voyage, je n’ai pas vraiment bien dormi ! Je me suis renseignée avant pour connaitre les démarches et de nombreux voyageurs m’ont dit que cette frontière était très facile à passer. J’ai également fait les démarches. Je suis allée voir le vétérinaire puis je me suis rendue au Senasage mais il n’avait pas vraiment d’information concernant les lapins précisément. Je me suis même rendue au consulat du Pérou avec Dulce. Ils ont bien rit en me voyant et ils n’en savaient pas plus. Au final, j’ai fini par avoir les informations* qui sont plutôt contraignantes et coûteuses… Pour un lapin payé 1,50 euros…

Du coup, j’ai caché mon lapin dans mon petit sac pendant les 30 minutes de passage à la frontière. Personne n’a rien vu ! Aujourd’hui, il grossit de plus en plus! Cela risque d’être plus compliqué pour le cacher dans mon sac à main lors des prochaines frontières…

Les gens que tu rencontres ne sont-il pas étonnés de te voir avec un lapin ?

Un peu oui, mais cela permet de créer des liens que je n’aurai pas imaginé. Au début, les gens pensent que c’est un cochon d’inde, car ils en sont friands ici (pour les manger!) mais ensuite, ils sont surpris et sont attendris. « Que lindo !! » disent-ils. Tout le monde le caresse, sur le marché, sur la place principale, partout ! Je suis à Cusco depuis presque un mois et parfois, quand je ne l’ai pas avec moi, des gens que je ne connais pas du tout viennent me demander où est mon lapin ? Du coup, je suis moi-même étonnée que l’on me connaisse grâce à Dulce !

Je l’ai emmené dans la communauté de Tankarpata où j’ai fait du bénévolat et les enfants l’ont adoré. C’est un vrai moyen de créer des liens facilement.

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Comptes-tu le ramener en France à la fin de ton voyage ?

Il faut que je regarde comment cela se passe au niveau de la paperasse mais j’ai encore au moins 7 mois de voyage alors j’ai encore le temps ! Dans tous les cas, si je ne peux pas le ramener, je pense que je lui trouverai une famille d’adoption !

Le mot de la fin ?

Avoir un animal pendant son voyage est un vrai moyen de lien social. Je n’aurai pas cru que cela permette de faire autant de rencontres. Au départ, je ne l’ai pas acheté pour faire plus de connaissances, ben en fait si, ça marche !

*Les démarches pour faire passer un animal de la Bolivie au Pérou (Merci Julie pour les infos !!)

La démarche pour faire passer un animal dans les règles… de Bolivie au Pérou du moins. Il faut passer chez le vétérinaire qui doit faire les vaccins nécessaires (peut être pas obligatoire pour les lapins !) et vous donner un papier de bonne santé. Ensuite, il faut aller au Senasac où il faut remplir un papier concernant l’animal. Enfin, il faut se rendre au ministère des relations extérieures et enfin au consulat. A chaque fois il faut payer des sommes pouvant aller jusqu’à 50 dollars !

2 Réponses à “Portrait de la semaine : Julie adopte un lapin en Bolivie

  • Bonjour ! Histoire très originale !
    On adorerai avoir des nouvelles du lapin et connaître la suite 😉

    • CaptainGini
      8 moispassé

      Bonjour Pascal,
      Merci pour votre message. Je vais le transmettre à Julie 🙂

      Depuis, Julie avait réussi à passer deux frontières en cachant Dulce dans son sac et il a donc traversé le Pérou et l’équateur au chaud dans son bonnet péruvien.
      Cependant, Julie à eut peur de prendre le risque de traversé la frontière Equateur/Colombie avec lui.
      Elle lui a donc trouvé une famille d’accueil dans la ville de Mindo par des connaissances que j’avais sur place.
      Depuis, elle est retournée le voir et Dulce est en pleine forme 🙂

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