Mon quotidien en tour du monde

Derrière de belles photos ou vidéos, à travers des paysages plus somptueux les uns que les autres et au delà de rencontres plus qu’enrichissantes, il y a un quotidien quand on voyage en sac à dos.
On aime ça sinon on ne le ferait pas. J’entends souvent des gens me dire « je ne pourrais pas vivre comme cela, seul… » et c’est vrai tout le monde ne peux pas où n’en a pas l’envie.

21 jours en Equateur, itinéraire

Alors voici mon quotidien, sans les agréments, seule avec mon sac à dos.

Un nouvel endroit

Quand on arrive dans un nouveau pays, une nouvelle ville, il faut très vite prendre ses marques, s’adapter aux coutumes.
Généralement, je commence par récupérer une carte de la ville où du pays que je retiens presque par cœur. On en trouve dans les offices de tourisme, les agences de voyage ou simplement à l’accueil des guesthouses.

Porter son sac

Être en backpack, cela signifie aussi porter son sac parfois longtemps. Personne ne le fait pour moi et je ne prends pas de taxi car c’est bien souvent hors budget. Qu’il fasse 35 degrés, 10 degrés, qu’il pleuve ou que je sois dans une tempête de sable (oui cela arrive), il faut porter parfois sur plusieurs kilomètres !

stop en argentine

Je repartie le poids entre mes deux sacs. Je garde les affaires qui ont le plus de valeur tel que mon appareil photo, mon ordinateur ou encore mon passeport et mon argent devant moi, à vue.

Son sac à dos, c’est notre maison, on ne le laisse donc jamais ou presque. Il faut également le faire et le défaire tous les deux ou trois jours et cela fini par être aggaçant même aujourd’hui, je pense être une pro pour faire mon sac en moins de 5 minutes !

Se loger

Les livres de voyage ne sont pas toujours les meilleurs référents. En effet, du fait d’être inscrit dans le Routard ou le Lonely Planet, les établissements gonflent leurs prix ou baissent en qualité devant l’afflux de touristes. J’utilise alors plutôt internet pour savoir où aller mais je ne réserve pas à l’avance.

En Amérique du sud, les offices de tourisme sont de très bons conseils pour donner la liste des hostels les moins chers. En Indonésie ou en Asie, il suffit de demander aux gens. Sans compter le nombre de rabatteurs dans les rues qui peuvent éventuellement vous donner un bon plan !

Là encore il faut parfois marcher avec son sac sous la chaleur, la pluie et au milieu du trafic incessant.

Dortoir, guide de survie

Dortoir, guide de survie

On dort la plupart du temps dans des dortoirs où il faut faire attention à ses affaires, apprendre à partager l’espace, s’accoutumer de ne plus avoir d’intimité. Mais cela a aussi ses avantages pour échanger les livres que vous avez déjà lu ou encore obtenir les avis et bons plans des autres voyageurs, sans compter les bonnes soirées avec ses nouveaux amis.

Après, il y a aussi la négociation. A chaque nouvel endroit il faut négocier le prix !

L’argent

On passe son temps à changer de monnaie, convertir les taux de change des différents pays. Il faut très vite avoir des points de repères. Pour cela je vais dans un supermarché et je regarde les prix de l’eau et des produits simples.

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Je cherche aussi les banques où l’on peut retirer une grosse somme en une seule fois pour limiter les frais. En effet, chaque distributeur de billet a un plafond de retrait différent. Les locaux pourront vous donner l’information.

Tout payer en cash pour éviter les blocages de carte ou les arnaques. Mais cela implique donc de toujours vérifier et anticiper d’avoir assez sur soi.

Enfin, étant donné le budget restreint d’un backpacker, je parcours parfois la ville pendant 1 heure avant de savoir où je vais manger ou dormir car je compare les prix et choisi le moins cher.

Manger et boire

Après plusieurs moins de riz et poulet en Amérique du sud ou de riz et de soupe de nouille en Asie, et bien on a plus du tout envie d’en manger. Rien que d’y penser, je n’ai plus d’appétit. Un bon restaurant de temps en temps permet d’y pallier aisément tout en tenant son budget.

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On apprends à toujours avoir de l’eau sur soi, achetée non pas au restaurant mais dans les magasins d’alimentation. On apprend également à manger sans boire pour éviter une note finale abusive pour avoir commander une bouteille d’eau.

Visiter

Quel bonheur pour les pieds ou le dos de pouvoir parfois visiter un site en tour avec bus climatisé, buggy, avec un guide, etc. Même si je n’aime pas vraiment me retrouver avec 40 autres touristes, c’est parfois tentant, surtout quand il fait 35 degrés ou que la route qui mène au lieu est en sacrée côte. Mais budget oblige, je fais tout à pied en ville ou alors je prends le bus local. Il m’arrive aussi de louer une bicyclette ou un scooter lorsque les prix sont raisonnables.

Aguas Calientes et le Machu Picchu

On porte encore donc un sac chargé de matos pour la photo, la vidéo avec les objectifs, la perche, le trépied; auquel on ajoute la bouteille d’eau. Alors quand vous voyez une belle photo vue d’en haut, dites vous que j’ai du marcher pendant parfois plus de deux heures (multiplier par 4 en Amérique du sud!), que j’ai soufflé comme un boeuf, râlé, fait plein de pause mais qu’à la fin, la récompense est de taille.

On ne peut pas toujours aller où l’on veut car le budget impose des choix mais généralement je préfère dépenser un peu pour les visites et économiser ailleurs.

Des fringues propres

Entre les petites culottes qui sèchent accrochées au lit, le lavage à la main dans des bassines demandées à l’accueil ou le plaisir de donner son linge à une laverie, il faut chaque semaine refaire un coup de nettoyage et de ménage dans le sac à dos. Bien qu’au fil des mois, les lessives s’espacent bizarrement !!

Les langues

Très vite, on fini par baragouiner quelques mots dans la langue du pays. En 4 mois d’Amérique du sud, je parle désormais suffisamment espagnol pour pouvoir converser aisément, plus de 2 mois cumulés de Thaïlande m’ont permis de ne plus me faire entourlouper et 2 mois d’Indonésie m’ont ajouter quelques facilités pour échanger en indonésien.

Le langage des signes est aussi très bien utilisé, en faisant attention à certains gestes qui ne veulent pas dire la même chose d’un pays à l’autre.

Enfin, le plus beau des langages, et celui qui sera compris de tous, le sourire 🙂

Les rencontres

Magiques! Que cela soit avec des locaux ou avec d’autres voyageurs, ce sont toujours de bons moments de partage ou l’on apprends beaucoup. Il est parfois difficile de repartir et de les laisser. On en recroise aussi d’autres sur la route. Certains même deviennent de véritables amis. Petit clin d’œil à ceux qui se reconnaîtront !

Hugo et moi, location de vélo à Maipu, Mendoza

Le quotidien en tour du monde c’est aussi prendre vraiment son temps. On rencontre alors beaucoup plus de gens et cela permets de vivre des choses que l’on ne pourrait pas en 15 jours expéditifs de vacances. Je me souviens de cette après midi en stop où des argentins m’ont convié chez eux pour le petit déjeuner, à cet indonésien qui m’a à emmener comme ça sur son scooter pour me faire voir les rizières autour de Yogyakarta, à cette maison qui m’a accueilli pour la nuit quand j’étais perdue dans les montagnes andines au Pérou, à cette famille de vietnamien qui m’a invité au restaurant pour me faire gouter tous leurs plats…

Toutes ces rencontres qui font que même le sac lourd, les restrictions de budget, le mal au pied sont bien vite oubliés.

Le superflu

Dans ce type de voyage, on oublie vite les talons hauts, le maquillage, les jolies tenues ou encore le simple confort d’un lit douillet.

Mais ça n’a vraiment aucune importance! J’ai rencontré certaines filles qui restent très féminines en voyage et je leur tire mon chapeau parce qu’après 9 heures de trek, la dernière chose à laquelle je pense c’est à quoi je ressemble ou ce que je vais pouvoir porter le lendemain!

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On supprime aussi rapidement du poids dans son sac, ce qui bien entendu enlève encore un peu de confort. Vous aviez prévu un coussin tour de cou? Vos lunettes de vue ? Ou encore des flacons de bain douche et autres ? J’ai tout viré au bout d’un mois histoire d’alléger le tout. Il m’arrive donc d’avoir mal au cou dans les bus de nuit, d’avoir froid dans les avions parce que pas de pull ou encore d’en avoir raz le bol de porter toujours les mêmes sandales…

Je vous passe les détails d’esthéticienne, de manucure ou de coiffeur, chose pourtant plus accessible en Asie à moindre coût, ouf je redeviens légèrement une fille 😉

Se laver

Fini le bain douche qui sent bon bien encombrant, fini la crème qui rends la peu douce et surtout, rares sont les douches bien chaudes ou l’on reste juste par plaisir. Eau froide, parfois dans un simple seau. Un savon qui dure deux mois et ça fait l’affaire!

Quand on tombe malade

Et oui parce que cela arrive! On en fait d’abord tout un plat parce qu’étant à l’étranger, on a un peu peur que cela soit grave.

Ensuite, on découvre les joies des hôpitaux pas propres, du barrage de la langue. Au Pérou, ils préfèrent soigner par injection plutôt que par médicaments. J’ai eu une infection de la gorge dû à l’altitude et j’ai donc été obligée de me faire piquer 3 fois par jour pendant 4 jours, le pied ! En Asie, tout est sans ordonnance. Difficile de savoir ce que l’on nous donne à la pharmacie. Heureusement pour moi je suis solide parce que je n’ai rien eu de problématique pour le moment et ma trousse à pharmacie suffit.

Vous l’aurez compris, le budget à son importance chaque jour. Il conditionne là où vous dormirez, ce que vous mangerez et ce que vous visiterez! Et puis il y a les petits moments simples qui deviennent magiques. Boire une bière fraîche après 9h de marche, trouver une douche chaude, manger du fromage ou boire un verre de vin (chose rare), ou encore retrouver des amis sur la route.

Alors oui, ce n’est pas toujours une partie de plaisir mais foncez, la récompense est magique et on aime ça !

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