Portrait de la semaine : Une française en Equateur

Au détour d’une rue de Mindo, je suis tombée sur Marie-Gabrielle, française, 35 ans, qui vit en Équateur depuis un peu plus d’un an. Son histoire est passionnante.

Inta & Killa Restaurant Mindo EquateurSon habitation sur un étage, ouverte à tous, est totalement en bois. De grandes vitres permettent de communier avec l’extérieur. De jolies fleurs ornent l’entrée et deux couples de colibris ont élu domicile. C’est un vrai régal de les voir voler en sirotant un bon jus de fruits frais.

C’est une maison d’artiste où peintures et meubles sculptés harmonisent le lieu. On s’y sent bien. Le soir, lampions et bougies ajoutent une touche de magie et on rit jusque tard dans la nuit.

J’ai décidé de poser quelques questions à Marie-Gabrielle. Voici ce qu’elle m’a confié autour d’un café, Son café ! C’est une excellente adresse que je vous recommande vivement pour relaxer et connaître les bons plans de la région en espagnol, anglais ou français !

Marie Gabrielle, que faisais-tu en France?

Après mes études de commerce, je me suis tournée vers la finance « solidaire » en travaillant pour France Active, une association centrée sur l’aide sociale et financière pour les entreprises.

Puis j’ai enchainé la Défense à Paris et la City à Londres en investissement socialement responsable.

En parallèle, j’étais volontaire pour les Restau du Cœur une fois par semaine et jouais de la musique, ma passion depuis toute petite.

Comment es-tu arrivée en Équateur ?

Un jour, j’ai dit stop, ça suffit, je veux me concentrer sur autre chose, sur ma passion.

J’ai donc tout arrêté et j’ai commencé une école de musique à Londres. Après plusieurs mois, j’ai monté mon groupe et commencé à travailler pour un producteur. Je jouais du Jazz en duo avec un pianiste, composais également mes propres chansons. Mais je me suis rapidement rendu compte que je reproduisais le schéma de « productivité » que j’avais réussi à quitter. C’est mon amour pour la musique, pas pour le management qui m’a ouvert les yeux.

J’avais besoin de me recentrer sur moi-même, revenir à l’essentiel. J’ai alors commencé la méditation et les choses se sont faites facilement. Mes rencontres m’ont conduite à me rendre dans un village en Équateur pour un voyage qui me permettrait de me retrouver.

Perdue au cœur d’un village équatorien, c’est là que je suis tombée amoureuse du pays. Les gens sont tellement gentils, les paysages magnifiques. Au sommet de la Cordillères, la terre ne fait plus qu’un avec le ciel, c’est magique !

Tu es donc restée ?

Je suis d’abord retournée en France faire mes valises et suis repartie pendant un an en tant que volontaire pour travailler dans une école, 6 mois en public puis 6 mois en privée.

C’était dans un village perdu, Rio Muchacho. Les enfants venaient à l’école à cheval. Les Équatoriens m’ont très vite intégré et j’y ai rencontré mon compagnon d’aujourd’hui. Alors oui, je suis restée. Pour lui, pour l’Équateur et ses habitants.

Tu as ouvert en Restaurant avec ton compagnon à Mindo depuis début février, peux-tu m’en dire un peu plus ?

Nous sommes venus à Mindo en début d’année car c’est un coin tranquille et le tourisme est plus respectueux de la nature. Nous avons en effet ouvert un restaurant/café/bar qui est opérationnel depuis début février. Nous l’avons appelé Inti & Killa, en rapport au soleil et à la lune.

Nous avons tout fait nous-même, les meubles en bois (sur les principes du respect de la nature, seulement du bois déjà coupé et ne servant plus), les tissus, les peintures…

Le café propose petit-déjeuner, déjeuner, diner, et le soir, nous ouvrons le bar avec de la musique live. Je fais quelques représentations ! Tous les produits sont frais et je fais parfois plusieurs kilomètres pour trouver les meilleurs ingrédients comme par exemple du bon café qui n’est pas toujours facile à dénicher.

Peux tu nous donner l’adresse ?

Facile! Inti & Killa, une maison en bois à côté de l’église. C’est le quartier Barrio Virgen del Cisne.

Quelle est la spécialité de Inti & Killa ?

Au-delà des produits que nous utilisons pour la cuisine, je dirais que c’est un lieu de vie où l’art est prédominant.

As-tu d’autres activités?

J’organise, dans le restaurant, des expositions de peintures et de photos de la région et ses magnifiques oiseaux. Je donne également des cours de soutien scolaire aux enfants de Mindo. Et grâce aux meubles que nous avons fabriqués pour le restaurant, nous avons des commandes de particuliers pour de la décoration intérieure.

Peinture et croquis de Marie-Gabrielle

Ce fut une belle rencontre. Et si vous passez par Mindo, faites un tour dans son havre de paix et prenez le temps !

© Crédit Photo MG & CaptainGini

3 Réponses à “Portrait de la semaine : Une française en Equateur

  • charlotte trutat
    4 annéespassé

    Quel parcours atypique! Est-il necessaire de passer par autant d’etapes pour enfin vivre comme on l’entend?belle lecon de vie 😉

  • Belle interview. C’est toujours interessant de connaitre le parcours des gens et de se rendre compte que ce dernier est souvent fait d’experiences diverses et variees, de tatotenements pour enfin arriver à ce que l’on a vraiment envie de faire !

  • Belle rencontre, que de choses tu vas avoir à raconter tout au Long de ton voyage, continue à nous régaler de tes récits .

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